Le sujet est particulièrement épineux et mériterait certainement un peu plus que ces quelques lignes, toutefois nous allons essayer de le synthétiser. Notre croyance est généralement induite par les opinions populaires, « écoute ton cœur », mais alors pourquoi quelques mois plus tard, je me retrouve dans une telle détresse ? « Je l’aimais tellement », « je ressentais un amour tellement fort », tout semblait pourtant évident.
En suivant ce que je crois être l’expression de mon cœur, pourquoi je me retrouve en si grande difficulté ensuite ? Pourquoi je me sens tellement triste, trahi ou même en colère, alors que l’induction était mon ressenti intérieur, que j’avais suivi mon cœur ?
Le paradoxe est notable, et il est le départ de cette réflexion. D’où vient alors cette attraction, qui converge ensuite en relation affective ? Nous venons au monde pour nous sevrer de nos besoins, de nos peurs, de nos manques et de nos idéaux. Sans cela nous sommes fragilisés par les situations futures, et notre ascension vers le bonheur se voit compromise, le sevrage est une étape fondamentale.
Les relations amoureuses sont alors un terrain favorable pour nous confronter à ce que nous avons à corriger. D’une part nous sommes les enfants de la société de consommation, par définition nous nous lassons de ce que nous considérons comme acquis. Transposé à l’amour, je ressentirai encore plus fort les choses pour celui ou celle que je ne peux pas « posséder », en d’autres termes le moins impliqué dans la relation aura l’ascendant sur l’autre (un peu binaire mais c’est pour illustrer).
D’autre part, les éléments de réponse se trouvent dans le patrimoine familial, soit papa maman, soit dans notre vécu, généralement avant nos vingt ans. Prenons l’exemple d’une femme, dont le rapport à son père aurait été compliqué lors de sa jeunesse (Cela peut venir d’autres situations familiales aussi).
Si elle n’est pas totalement sevrée jusqu’à son inconscient de cette carence affective, elle attirera dans ses amours un type de profil particulier. Un homme qu’elle voudra « sauver », il sera généralement absent, ou peu là pour elle, il faudra qu’il ait des problèmes personnels dans lesquels il se perd. Elle aura alors un rôle s’apparentant à celle d’une mère ou d’une infirmière envers lui, avec une grande patience et une énergie assez débordante. Elle pourra ressentir les élans amoureux les plus forts, puisqu’il correspond à son attraction de correction familiale.
L’attraction, les émotions, les sentiments se densifient pour nous conduire vers celui ou celle permettant de nous confronter à nos blessures conscientes, ou inconscientes. Il va de soi que ce processus se fait inconsciemment, toutefois il n’est pas rare d’entendre la fameuse phrase : « J’attire toujours les mêmes ».
Il est aussi important dans ces conditions de comprendre que notre représentation de l’amour serait différente si nous regardions les choses sous un autre angle. Il va de soi que le passage précèdent est une ébauche de quelque chose de plus large. Ce qui nous conduit sans cesse vers les déboires amoureux se trouve dans notre besoin impérieux de nous remplir d’émotions positives. Dans le fond notre incomplétude intérieure cherche à se remplir d’un souffle de vie, et quoi de mieux que l’amour pour se sentir vivant.
Mais comme tout est un équilibre sur terre si je monte très haut émotionnellement, l’univers devant se rééquilibrer, je devrai descendre très bas. Reste à quitter les montagnes russes pour les vertes plaines.
L’amour n’est pas une émotion, c’est un état de conscience une fréquence. Une confrontation entre le réel, la conscience et l’irrationnel de l’émotionnel. L’idée consiste à faire d’une part le sevrage de nos croyances, de nos besoins émotionnels intangibles et d’autre part à laisser place au discernement éprouvé par le cheminement vers le réel.
Amusez-vous à décrire froidement ce qui est réellement important chez l’autre. A présent ne considérez plus ce que les émotions vous dictent. L’amour est la réception contemplative du réel. Il ou elle est gentil(le), honnête, il ou elle essaie de me comprendre, physiquement acceptable… Parfait, c’est lui ou elle, n’en déplaise à mes émotions ou à mon détracteur intérieur.
L’amour est un état de conscience, une fréquence. La seule action possible sur une fréquence s’appelle l’intention. En résumé je choisis l’autre dans la neutralité émotionnelle, parce que ce qu’il est est bien pour moi. Je ne le sais pas forcément, mais un choix est une intention dissimulée.
Evidemment ce modèle affectif est peu inspirant sur le papier. Puisqu’il est aux antipodes de ce que nous avons toujours pensé. Couplé à cela la confiance est aussi de rigueur, comme toujours, puisqu’en fonction de ce que j’émets dans l’univers j’attire tel ou tel profil (lois de l’attraction).
Le discernement fait partie intégrante de l’équation, puisqu’il est possible que la vie, afin de vérifier si j’ai éprouvé le raisonnement, m’amène des profils que je dois refuser, pour éviter ce que l’on appelle communément « retomber dans ses schémas ».
Résumons : (Confiance pour l’attraction) + (discernement pour la responsabilité existentielle et le choix du profil) + (la conscience de ce qui est réellement important et qui ne l’est pas) = Amour véritable puisqu’il nait de la fréquence neutre.
Dans ce cas ce n’est pas l’absence totale d’émotions, mais plutôt minimiser les émotions négatives. Sortir des sentiments oscillatoires, pour aller vers des sensations continues.
(Besoin d’amour) + (projets idéaux) + (besoin émotionnel) (….) = Amour émotionnel
Ce n’est pas négatif, l’idée est de tendre communément vers le premier cas de figure, même si nous sommes déjà en couple. L’amour se veut complexe, l’objectif de ce passage est de vulgariser et de rationnaliser l’irrationnel. Autre exemple, je suis un garçon, ma première relation avec une fille fut complexe, bien qu’elle démarrât de la plus belle des manières. Plus tard nous sommes devenus jaloux et les conflits fréquents. Dans cette relation j’ai éprouvé beaucoup de sentiments et nous nous sommes projetés ensemble. Mais à force le couple a volé en éclats, mademoiselle disant ne plus rien ressentir pour lui.
Les deux s’accusent mutuellement de beaucoup de choses. Rapidement il s’est aperçu qu’elle s’était déjà engagée dans une nouvelle relation ; colère au ventre, il se sent trahi. Lorsqu’il la contacte pour des explications, elle ne le supporte plus et lui voue une haine féroce. Le temps passe et il fait une nouvelle rencontre, une fille adorable, douce, sécurisante, tranquille, rigolote, bien élevé et tatouée, cerise sur le gâteau pour lui. Tout ce dont il a toujours rêvé. La relation commence… Plusieurs semaines passent, il n’arrive pas à « s’attacher » Les sentiments ne viennent pas… Il met fin à la relation.
Décryptons celle relation, il est déjà probable que ce garçon a une problématique liée au féminin, souvent il est en empathie inconsciente pour les femmes de sa famille. Le protecteur des femmes dirons-nous. Ce n’est pas le seul cas de figure mais c’est courant. Souvent le rapport à la mère est intéressant. Ses sentiments sont forts lorsque la relation est tortueuse, et nuls lorsque la relation est paisible… Il est donc attiré par ce qu’il ne « lui faut pas ». (Il lui faut en passer par là pour comprendre et évoluer)
Si je porte une problématique liée au féminin, mon attraction de réparation inconsciente se tourne vers les femmes qui ont des problèmes. La douleur des femmes que je porte conduit mes relations. Si je veux soulager cette douleur que je ne connais surement pas moi-même, je dois rencontrer des femmes dans la douleur, comme pour réparer ce qui a été cassé, elles symboliseront toutes celles qui ont souffert dans ma famille. Maintenant si elle n’a pas de problèmes ou plutôt de problèmes convergeant vers ce que j’ai à réparer, et bien je ne ressentirai rien pour elle, ou durant peu de temps… C’est pour cela qu’il est préférable de suivre notre analyse, notre discernement, plutôt que notre « cœur ».
L’autre cas de figure pour ce type de garçon, est de saboter ses relations. En générant des conflits, ou en étant infidèle. Mais dans le fond c’est un amoureux écorché des femmes, la plupart de ses maladresses lui seront pardonnés, mais paradoxalement ses actes créeront une grande culpabilité chez lui. S’accorder à privilégier les choix de la conscience et de la réflexion. Préférer les relations saines. Les émotions ne sont là que pour remplir un vide.
Ce qui est sain s’apparentera à la fréquence neutre non duale. Evaluer la relation, comme les relations potentielles, sur ses qualités humaines, non sur le baromètre du manque affectif. Plus l’autre me manque plus je l’aime, ce n’est pas une base de calcul affective.
L’émotionnel amoureux s’est globalisé avec la société moderne. Lorsque les besoins primaires n’étaient pas un acquis, les priorités dans ce qui constituait l’alliance du couple étaient tout autres. Les ressentis affectifs, opposés à la faim, la sécurité, la santé et la prospérité familiale, ne pesaient pas lourd dans la balance. En revanche pouvoir compter sur l’autre, s’entraider, sa bienveillance, étaient autant de fondamentaux qui prédominaient sur les ressentis. Sans parler de robotisation, viser le réalisable d’abord. Mais trouver une convergence entre l’essentiel et les sentiments.
L’amour est dans la contemplation de la simplicité essentielle. Reconnaître en l’autre les valeurs humaines les plus belles, et l’aimer ensuite pour ça. Non dans l’intensité émotionnelle, mais dans l’évidence réaliste de la conscience.
La Mécanique de la Vie